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La culpabilité entraîne une baisse de la température faciale

Les émotions que nous ressentons régulent nos échanges et nos interactions. Parmi elles, les émotions sociales comme la culpabilité influencent fortement la manière dont nous nous comportons et dont nous réagissons. Comment l’émotion de culpabilité s’exprime-t-elle au travers de notre communication non-verbale et a-t-elle des indices physiologiques spécifiques ?

Les émotions de honte, de culpabilité et d’embarras jouent un rôle clé dans le processus de socialisation des personnes. La culpabilité peut survenir lorsque nous avons causé du tort à quelqu’un. La culpabilité, et de manière plus générale les émotions sociales, ont surtout été étudiées via les comportements cependant les émotions peuvent s’exprimer d’autres façons. En effet, elles n’impliquent pas seulement des actions comportementales en réaction à un évènement donné, mais ont également des marqueurs physiologiques qui se déclenchent automatiquement. La température corporelle fait partie de ces réponses physiologiques. L’étude suivante avait pour but d’examiner et de déterminer les signes physiologiques sous-jacents à la culpabilité chez les enfants.

Pour cela, les auteurs ont eu recours au “paradigme de l’accident” qui est la méthode la plus couramment utilisée pour susciter l’émotion de culpabilité chez les enfants. La température faciale des enfants a été relevée à l’aide d’outils spécifiques. Les enfants qui participaient à l’expérience étaient âgés de 3 à 4 ans. Le “paradigme de l’accident” est le suivant : il était demandé à l’enfant de s’amuser avec un jouet, mais pas avec n’importe quel jouet : le jouet préféré de l’expérimentateur. L’enfant ignore que le jouet était saboté de tel sorte qu’il se cassera entre ses mains lorsqu’il le manipulera. C’est cet “accident” qui engendrera de la culpabilité chez l’enfant, se sentant alors “coupable” d’avoir cassé le jouet préféré de l’expérimentateur.

L’accident avec le jouet, a bien causé un éveil émotionnel et une activation du système nerveux sympathique (mydriase, tachycardie…).Une soudaine vasoconstriction périphérique a été observée engendrant alors une chute brutale de la température du visage (comparée à un état de référence). Après l’accident avec le jouet, le réconfort a engendré un rétablissement, voir une augmentation de la température du visage avec une hausse de l’activité parasympathique, suggérant que la détresse de l’enfant a été neutralisée ou sur-compensée. Voir la photo ci-dessous, plus la couleur est claire plus la température observée est évelée.

Température du visage

Pour conclure, les analyses comportementales ont mis en évidence des signes de détresse engendrés par le paradigme de l’accident. Ces résultats ont bien confirmé l’observation de la chute brutale de la température du visage. Les données suggèrent alors que l’intégration d’éléments physiologiques pourrait être pertinent dans l’étude des émotions sociales telle que la culpabilité.

Référence : Ioannou S, Ebisch S, Aureli T, Bafunno D, Ioannides HA, et al. (2013) The Autonomic Signature of Guilt in Children: A Thermal Infrared ImagingStudy. PLoS ONE 8(11): e79440

À propos Hugues Delmas

Docteur en psychologie, il dirige d'ADN Research (département de recherche d'ADN Group).

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