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Interview : Nicolas Guéguen “Certains restent encore dubitatifs sur ce mode de communication et d’influence…”

Nicolas Guéguen est professeur en sciences du comportement à l’université de Bretagne sud et chroniqueur pour le magazine cerveau&psycho. Auteur de publications scientifiques et d’ouvrages sur la psychologie, il a accepté de répondre à nos questions sur le non verbal.

Hugues Hippler : Nicolas Guéguen, comment avez-vous découvert la communication non-verbale ?
Nicolas Guéguen : La rencontre s’est faite en lisant l’article de Kleinke (1977) sur l’effet d’influence du toucher sur l’acceptation d’une requête. Une année, j’ai décidé que ce sujet serait le thème d’étude de toute une promotion d’étudiants en commerce qui devaient me rendre par groupe un dossier d’expérimentation sur l’effet du toucher sur différentes requêtes. Je me suis rendu compte de l’influence que cela exerçait et j’ai continué ensuite sur d’autres paramètres (regard, sourire…).
Quelle définition donnez-vous à cette discipline ?
Ma définition est classique : la communication non-verbale est pour moi l’ensemble des facteurs n’utilisant pas le langage parlé pour exprimer néanmoins du sens. Par les gestes, les postures, les expressions du visage, etc.
Comment utilisez-vous ce savoir dans votre sphère relationnelle ?
En tant que pompier, j’ai remarqué que je touche beaucoup les personnes que je prends en charge ou dont j’assiste au décès. Il est clair que je ne le faisais pas avant d’avoir lu les travaux sur le toucher.
Quelle est selon vous la plus grande découverte effectuée dans cette discipline ?
Aucune ! Même si Kleinke (1977) justement avec le toucher est celle qui positionne l’approche expérimentale de l’influence non-verbale. Ce qui importe c’est de montrer que cette communication existe car beaucoup de personnes, les rationalistes, sont encore dubitatives sur ce mode de communication et d’influence…
Quelles sont les limites ?
Les limites sont dans l’usage à des fins de manipulation d’autrui ! C’est valable pour toutes les techniques d’influence connues.
Que reste-t-il à faire ?
Plein de choses sont à voir et notamment ce que les éléments non-verbaux émis produisent sur le jugement que fait le récepteur/observateur à propos de l’émetteur. Des milliers de travaux ont été faits sur les expressions d’émotions du visage. Tandis que de nombreuses composantes ont été peu étudiées jusqu’alors. Je pense à la posture du corps, aux auto-contacts, au sourire, au regard…
Parlez-nous de vos dernières recherches liées au sourire et aux conditions climatiques !
En fait, ces recherches récemment publiées (voir : Le soleil nous fait-il réellement plus sourire ?) datent un peu car elles ont été faites il y a plusieurs années. Je n’avais pas trouvé le temps de les publier ! Aujourd’hui, je ne travaille plus vraiment beaucoup sur le non-verbal. Je m’intéresse actuellement à l’effet des fleurs et des plantes sur le comportement humain : devient-on plus altruiste en s’immergeant dans la nature ou en étant exposé à des fleurs, à des plantes ? Est-ce que le présence de fleurs et plantes nous incitent à plus interagir avec autrui ? Est-ce que la présence de fleurs et plantes peut conduire à changer la perception d’un produit, d’un lieu ?

Pour en savoir plus sur Nicolas Guéguen : son site web et quelques ouvrages :

Propos recueillis par Hugues Hippler

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