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Interview : Eric Goulard “Les formations en 2013 seront tournées vers le mensonge et le non-verbal !”

Éric Goulard est formateur en communication non-verbale. Après un cursus formateur en Belgique, ce Lillois d’adoption de 39 ans aide aujourd’hui ses clients à mieux gérer leur relationnel dans leur sphère professionnelle, mais aussi personnelle. Il sort un livre sur un sujet très en vogue actuellement…

Spécialisé depuis 18 ans dans la communication non-verbale, cet expert retrace son parcours en évoquant cette discipline nouvelle, et riche en apprentissage. Il nous présente son dernier livre Comment détecter les mensonges ainsi que ses projets.

Hugues Hippler : Bonjour Éric ! Comment avez-vous découvert, puis mis en pratique et enfin enseigné la communication non-verbale ?

Eric Goulard : J’ai une formation en communication, avec une forte orientation en psychologie. Je suis un passionné d’anthropologie ! J’ai également découvert la communication non-verbale et les sciences cognitives lors de mes études.
J’ai ensuite pu expérimenter de nombreuses techniques au cours de mon expérience professionnelle. J’ai exercé des fonctions très diverses au sein de multinationales et aussi auprès de PME, en France et à l’étranger. Le terrain m’a beaucoup appris, tout comme les nombreux livres et résultats d’études que j’ai vues au cours de toutes ces années. Je suis devenu formateur par amour du partage des informations. Chacun a le droit d’apprendre. Les sciences modernes ont transformé des observations en certitudes en peu de temps.

Quelle aide au quotidien peut apporter la communication non-verbale ? Et est-ce fiable ?

La communication non-verbale est une science relativement jeune. Elle n’a pas l’ancienneté ni le recul des mathématiques ou de la physique mécanique. Les prémices sont apparues dans les années 1950.
Les observations initiales ont amené les premiers balbutiements. Les scientifiques sérieux, de renom, se sont penchés sur les sciences cognitives et ont fait de vraies découvertes. Les disciplines se sont diversifiées, mêlant des anthropologues, des zoologistes, psychologues, etc. dans des domaines encore inconnus. Des années 1970 à 90, les sciences cognitives ont vraiment évolué. De nombreuses informations issues des observations et résultats d’études ont été récupérées par des consultants ainsi que par des non-spécialistes. Des ouvrages ont été écrits sur la base de ces observations. Des techniques sont nées, pas toujours fiables!
Les attentats du 11 Septembre 2001 ont ouvert les yeux à l’État américain: le gouvernement américain a pris conscience qu’il avait de sérieux problèmes de Sécurité nationale. Les autorités ont investi des sommes considérables dans la recherche, avec comme seul objectif d’endiguer le terrorisme. Les recherches sur les émotions ont littéralement fait un bond en avant durant les dernières années. Les nombreuses études qui sortent tous les ans viennent confirmer ou infirmer les précédentes.
En 2013, nous avons de réelles certitudes sur le fonctionnement de notre cerveau et de la machine humaine. Mais il est important de toujours garder à l’esprit que nous sommes tous uniques. L’homme n’est pas une machine prévisible.
Comprendre les mécanismes de la communication non-verbale permet d’améliorer la communication que l’on a avec l’autre. Une interaction entre deux personnes est divisée en plusieurs parties : il y a la phase d’écoute et la phase de transmission du message. Ensuite il y a une rétroaction, c’est-à-dire une réaction à ce qui était vu, entendu, et perçu globalement de la relation. La communication non-verbale ne s’arrête pas à l’échange entre deux personnes. Nous évoluons dans des environnements différents, nous ne communiquons pas dans des espaces vides. Le lieu dans lequel la communication se déroule est parfois aussi important que la communication en elle- même : un bureau organisé de façon stricte avec une lumière directe et froide aura un impact différent d’un petit salon privé au fond d’un club de bowling. L’environnement influence fortement les actions et réactions des interlocuteurs. La proximité physique et le nombre d’intervenants aussi. Il est nécessaire de calibrer l’ensemble des éléments pour être le plus percutant possible lorsqu’il s’agit d’avoir une communication efficace. C’est fondamental dans une négociation ou un flirt ! Chacun a tout intérêt à s’entraîner à maîtriser au mieux cela.

La communication non-verbale connaît un grand succès. Mais comment expliquer le succès encore plus grand de la spécificité liée au décryptage des mensonges ?

L’engouement est lié au phénomène médiatique que représentent des séries télévisées telles que Lie To Me, mais aussi Mentalist. Le grand public découvre des techniques autrefois réservées à quelques scientifiques. De plus, la couverture médiatique est importante : presse grand publique, magazines féminins, site Internet et les réseaux sociaux.
Il y a quelques années, la quasi totalité des demandes en formation portait sur des techniques pour prendre la parole en public, animer des réunions, améliorer les relations commerciales, vendre plus… Depuis la diffusion de Lie To Me, il y a une demande croissante sur la détection du mensonge. Les principaux demandeurs sont des responsables de ressources humaines, des directeurs et managers, des acheteurs, des vendeurs… de manière générale, les personnes qui se retrouvent dans les positions de négociateur. Les menteurs sont partout et chacun sait qu’à un moment ou un autre il peut nous arriver de mentir à notre tour.
Que va retrouver le lecteur dans votre ouvrage Comment détecter les mensonges ?
Le lecteur apprend à utiliser des techniques d’écoute et d’observation. Des analyses de reconnaissance des désynchronisations et des décalages entre ce qui est dit et ce qui n’est pas dit sont faites.
Animer une réunion, prendre la parole devant un public, recruter des collaborateurs, vendre, acheter, négocier, persuader, recherche un emploi, manager une équipe ou un projet, ou simplement savoir se défendre tant devant des autorités (police, tribunal, etc.) que devant son employeur ou son conjoint… aucune situation relationnelle ne peut négliger la partie non-verbale du message. Lorsque vous communiquez avec votre interlocuteur, vous êtes avant tout dans une relation d’échange et d’analyse inconsciente des réactions de l’autre. Le non-verbal est nettement plus important que le verbal.
La plupart de nos actions et de nos réactions sont pilotées par une couche très primitive du cerveau qui s’appelle le système limbique. Il a permis d’assurer la survie des mammifères depuis des millions d’années. Elle gère les émotions et les réflexes. Ceux-ci sont très rapides, beaucoup plus rapide que la pensée humaine structurée pour communiquer avec les autres sur le plan verbal.
Ainsi, lorsque nous communiquons avec d’autres individus, nous pensons à ce que nous allons dire, et pendant que nous le disons nous pensons à la suite du discours. Inconsciemment, nous analysons les réactions de nos interlocuteurs, au travers de nos organes des sens, et nous adaptons notre discours. Mais tout aussi inconsciemment notre système de défense veille à notre sécurité. Extrêmement rapide, il laisse échapper des expressions relatives à des émotions ressenties.
Ces expressions sont visibles sur le corps et sur le visage. Les micros expressions faciales sont un exemple de réaction incontrôlée et incontrôlable qui indique l’émotion ressentie par l’autre. Le livre Comment détecter les mensonges fait un point complet sur l’apparition de ces comportements qui peuvent en dire long sur ce que pensent vos interlocuteurs.

Quel sera le thème de votre prochain ouvrage ?

Avant d’écrire mon livre sur les mensonges, je travaillais à l’origine sur un projet beaucoup plus vaste. Depuis plusieurs années, je mets en place une méthode permettant d’améliorer les relations aux autres. Qu’il s’agisse de simples relations avec des collègues, des amis, ou des interactions plus tendues telles que des négociations, relation d’achat ou de vente, il est possible d’utiliser très efficacement la communication non-verbale pour convaincre et persuader. Je viens de terminer d’écrire cette méthode et le manuscrit a déposé chez l’éditeur.
L’avenir proche semble donc ouvert pour cette discipline…
Les personnes qui l’utilisent quotidiennement obtiennent beaucoup plus facilement ce qu’elles veulent. Les formations dans ce domaine ont beaucoup de succès. Je ne pense pas me tromper en affirmant que les formations 2013 seront orientées d’une part sur la détection du mensonge et d’autre part sur l’utilisation de la communication non-verbale pour convaincre et persuader. Pour en savoir plus : www.ericgoulard.com
Interview réalisée par Hugues Hippler.
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