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Anders Breivik : le sourire du tueur lors de sa sentence

Anders Breivik

Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik tua 77 personnes en Norvège. Le 24 août 2012 le verdict tomba : il est condamné à 21 ans de prison. Nous vous invitons à observer sa communication non verbale lorsqu’il apprend la sentence du tribunal.

Le sourire d’Anders Breivik

Anders Breivik, extrémiste de droite, tua 77 personnes lors d’une fusillade en juillet 2011. Son comportement et sa détermination avaient choqué la Norvège. Lors de l’ouverture de son procès, nous avions commenté son comportement dans l’article :”Les pleurs d’Anders Breivik“. Quelques mois plus tard, à l’heure de la sentence, le tribunal d’Oslo estima qu’Anders Breivik était responsable de ses actes et qu’en conséquence il écopera de la peine maximale de 21 ans de prison. Cette peine de 21 ans est assortie de 10 ans de prison ferme. Durée pendant laquelle Breivik ne pourra pas demander de libération conditionnelle. Nous vous invitons à observer la communication non verbale d’Anders Breivik, lorsqu’il apprend la décision du tribunal, à t = 0,54min :

Lors de l’annonce du verdict nous pouvons observer une macro-expression faciale de suffisance (Smug) (Ekman, 2007). La suffisance est une expression entre le mépris et le sourire, dans laquelle nous pouvons voir un sourire unilatéral. En comparaison l’expression de mépris est davantage horizontal comme vous pouvez l’observer dans l’article suivant : “Micro-expression et expression subtile“.  Sur le visage de Breivik nous pouvons voir un sourire plus prononcé sur l’un des deux coins de sa bouche, ici sur son côté gauche. Ce n’est pas une micro-expression c’est une macro-expression faciale, c’est à dire une expression qui dure plus de 0,5 seconde (Voir photo 1).

Nous pouvons remarquer que le sourire est plus prononcé sur l’un des deux côtés de la bouche, en particulier sur son côté gauche (Voir photo 1, t=0,55min). Nous avons un meilleur contrôle du coin de la bouche droit par rapport au coin gauche. Ainsi lorsque nous essayons de réprimer un sourire il arrive que le sourie soit davantage visible sur le côté gauche du visage, c’est sans doute ce que nous pouvons observer sur le visage d’Anders Breivik. Lorsque l’annonce de la sentence est terminée   Breivik doit s’asseoir. A partir de ce moment là nous pouvons observer que l’autre coin de la bouche (sur son côté droit) se  met soudainement aussi à sourire (Voir photo 2, t=0,56min). Le sourire à minima contrôlé quelques secondes avant ressurgit soudainement lorsque Breivik n’est plus dans l’interaction : la tête et les yeux se baissent aussi. A ce moment, il se laisse aller à son réel état émotionnel, déjà bien perceptible auparavant.

Pourquoi une telle expression de contentement, de suffisance alors qu’il vient d’être condamné à passer 21 ans en prison. Breivik souhaitait à tout prix être reconnu comme sain d’esprit, afin de légitimer son idéologie xénophobe.  Comme il l’avait annoncé à maintes reprises, il ne compte pas faire appel de sa peine. Il a obtenu ce qu’il voulait: être reconnu pénalement responsable. Le parquet, qui avait requis l’internement psychiatrique a décidé de ne pas faire appel. La condamnation prononcée est donc définitive. Durant son procès, Breivik, qui reconnaît être l’auteur des homicides, n’a montré aucun remords et a plaidé non coupable. L’extrémiste estime que ses attaques étaient «atroces mais nécessaires» pour préserver la Norvège du multiculturalisme.

 

À propos Hugues Delmas

Docteur en psychologie. Auteur du livre "Le Mensonge : Psychologie, applications et outils de détection".

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