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Qu’est ce qu’un mensonge?

Qu’est ce que mentir et pour quelles raisons mentons nous ? Ce sont des questions que nous nous sommes tous posés un jour. Le mensonge est une thématique complexe et passionnante, qui fait appel à plusieurs champs théoriques et plusieurs domaines d’études. Le mensonge peut être définit comme l’intention délibérée de tromper autrui (Ekman & O’Sullivan, 2006). La victime du mensonge n’en est pas averti, ce qui différencie d’ailleurs le mensonge de l’ironie (dans laquelle l’interlocuteur comprend qu’il faut comprendre le contraire de ce que dit le locuteur).

Nous mentons pour plusieurs raisons. Si le but du mensonge est dirigé vers quelqu’un d’autre comme protéger ou ne pas le vexer quelqu’un, le mensonge est alors dit altruiste. Au contraire, si le mensonge est fait pour assouvir ses propres finalités, le mensonge est alors dit égoïste. Il est apparu que les hommes et les femmes mentent pour des raisons différentes. En effet, les femmes font davantage de mensonges altruistes et les hommes davantage de mensonges égoïstes (Boltz, Dyer, Miller, 2010).

Le mensonge met en jeux un certains nombres de processus cognitifs et émotionnels qui vont s’exprimer volontairement et involontairement, au travers de plusieurs indices. Ces indices vont s’exprimer au travers de trois canaux de communication qui sont : le verbal (la linguistique, les mots…), le para verbal (ton de la voix, durée des pauses…) et le non verbal (expression faciale, gestes… ; Vrij, 2008).

La communication non verbale met au jour de nombreux indices pouvant se révéler utile pour orienter l’interrogation dans l’évaluation de la crédibilité d’une personne. Les personnes non sensibilisées à la détection du mensonge ont de nombreux stéréotypes vis-à-vis du comportement mensonger. Ces croyances relatives au comportement non verbal du menteur, expliquent en partie que dans la population générale le taux de réussite de la détection du mensonge est de 50%. Ce pourcentage de réussite n’est pas différent du hasard. Les individus sont donc de mauvais détecteur de mensonge, nous pouvons néanmoins nous améliorer (DePaulo, Kashy, Kirkendol, Wyer, 1996).

Références :

  • DePaulo, Kashy, Kirkendol, Wyer. (1996). Lying in everyday. Journal of personality and social psychology. Vol. 70, No 5, 979-995.
  • Boltz, M. G., Dyer, R. L., & Miller, A. R. (2010). Jo are you lying to me? Temporal cues for deception. Journal of language and social psychology , 29 (4), 458-466.
  • Ekman, P. (2009). Telling lies. New york: Norton.
  • Ekman, P., & O’Sullivan, M. (2006). From flawed self-assessment to blatant whoppers: the utility of voluntary and involutary behavior in detecting deception. Behavioral sciences & the law (24), 673-686.
  • Vrij, A. (2008). Detecting lies and deceit. Chichester: Wiley.

À propos Hugues Delmas

Docteur en psychologie

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