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Différence entre violence froide et agression émotionnelle

violence émotionelle froide agression expression facialeLa violence et l’agression existent sous de multiples formes. Un acte est considéré comme violent lorsqu’il y a eu intention d’agression physique envers un autre être humain pouvant  entrainer des blessures physiques. Les comportements violents sont très divers et varient en fréquence selon les facteurs sociaux, psychologiques et biologiques des personnes. Toutefois deux grandes formes d’agression sont généralement distinguées : la violence « émotionnelle » en opposition à une violence « préméditée ».

Deux formes de violence

La littérature distingue deux types d’agression, la première fait référence à une violence « préméditée » qui est considérée comme une agression de sang froid, instrumentale, liée à un comportement de prédation. Cette violence serait un acte cognitivement planifié, et basée sur des comportements de chasse issue de notre évolution selon le professeur de psychiatrie Meloy (2006). D’un autre côté, l’agression « émotionnelle » fait appel à un aspect plus affectif, impulsif et serait une réaction à chaud. La violence « émotionnelle » serait plus expressive que la violence « préméditée » et serait ainsi peut être plus facilement identifiable.

L’existence de cette dichotomie entre deux formes de violence fait néanmoins débat au sein de la communauté scientifique. En effet certains auteurs pensent que cette dichotomie est trop rigide et réductrice. Qu’il ne faut pas considérer ces différentes formes d’agression comme deux catégories mais plutôt comme deux dimensions des comportements violents. De telle sorte que certains actes violents pourraient contenir des éléments caractéristiques, de manières plus ou moins prégnantes, des deux formes de violence.

Néanmoins ces deux types de comportements violents ont des paramètres psychobiologiques distincts aussi bien chez l’homme que chez les animaux. Au niveau neurochimique (la dopamine facilite les agressions de type « émotionnelle » alors que la stimulation cholinergique facilite l’agression « préméditée », etc.), au niveau neuropsychologique (baisse des fonction exécutive los d’une agression « émotionnelle » alors que peu de déficits cognitifs sont observés lors d’une violence « préméditée », etc.), et aussi au niveau psychophysiologie (accélération du rythme cardiaque lors d’une violence « émotionnelle » et décélération lors d’une violence « préméditée », etc.). Ces divers éléments pointent l’existence de deux types processus dans la réaction de violence. De plus, des expressions faciales spécifiques à la violence « préméditée » et « émotionnelle » ont été identifié respectivement: assaut prémédité et perte de contrôle impulsive supportant l’idée d’une distinction entre ces deux formes d’agression.

Référence : Meloy. (2006). Empirical basis and forensic application of affective and predatory violence. Australian and New Zealdn Journal of psychiatry, 40/ 539-547.

De Hugues Delmas

Fondateur et rédacteur en chef

3 Commentaires

  1. Ces deux violences semblent évidentes si l’on regarde du côté des instincts. D’un côté le chasseur (prédateur) qui doit être à l’affut pour approcher sa proie. Donc, il est évident que plus il sera discrert, plus aura de chance de réussite. Il va donc se concentrer sur sa proie, avancer avec précaution, d’où un grand calme apparent. L’autre colère est celle de la défense, de la survie, il n’est plus question d’être froid, mais de se défendre « bec et ongle ». ces deux violences sont celles du prédateur et de la proie.

  2. Bonjour.
    Ces deux formes de violences peuvent elles être mises en relief par l’approche de Jung et la dichotomie T/F (prise de décision) à travers la posture EXO de la dichotomie Thinking Vs la perception EGO de la dichotomie Feeling ?
    L’approche T, pourrais dans ce cas, expliquer la posture « détachée » versus la posture F « investie ».
    Partant du principe qu’il s’agit uniquement de préférences et que la possibilité est offerte à chacun d’adopter une posture non préférentielle, simplement plus couteuse en énergie. Serait-il envisageable de porter cette corrélation vers la gestion des récupération post-traumas ?

    • Bonjour Duthil,
      merci pour l’intérêt que vous portez pour le site et plus particulièrement pour cet article.

      Afin de permettre au plus grand nombre de mieux appréhender votre question peut-être pourriez vous apporter quelques points de précisions (en des termes accessibles à tous) sur l’approche des types du psychanalyste JUNG et les typologies proposées par le test MBTI « Meyer Briggs Type Indicators ».
      Peut-être pourriez-vous également reformuler votre question en expliquant ce que vous entendez par « récupération post-traumas ».
      Bonne journée à vous
      Benjamin Elissalde

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