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Le langage corporel du leader peut bloquer la communication

leader langage du corpsLeader est un mot d’ordre dans la société actuelle. Le leader est charismatique, envié et présente des traits non verbaux de confiance. Les personnes qui montrent un langage corporel de confiance sont plus à même d’atteindre des positions de pouvoir que les autres. Par exemple les personnes sont perçues comme plus compétentes lorsqu’elles adoptent une posture droite, un contact visuel direct et lorsqu’elles parlent avec une voix forte, ce phénomène est également retrouvé avec certains indices langagiers. Elles reçoivent alors plus de respect, sont perçues comme ayant plus de contrôle sur les décisions et émergent plus facilement comme leader que les personnes perçues comme moins confiantes. Beaucoup aimeraient faire partie de cette élite présentée comme dominante. Mais être un leader n’implique-t-il que des effets positifs ? Pas si certain.

Langage corporel du leader

Locke & Anderson (2015) se sont penchés sur l’impact du langage corporel du leader sur la communication. Ils ont supposé que la confiance en soi, parfois à l’excès, des personnes à l’autorité reconnue et au pouvoir bien assis, pouvaient avoir des effets néfastes sur la communication qu’ils entretiennent avec ceux qui les entourent. Plus précisément, leur hypothèse est double : lorsqu’une personne à l’autorité supérieure et à la posture confiante se trouve dans un cadre collaboratif, elle tend à écraser la parole des autres, voire à les pousser à l’auto-censure. Dans une seconde hypothèse, toujours dans le même contexte les personnes auront tendance à se soumettre davantage à la personne en position d’autorité, même lorsque celle-ci s’avère être confiante à tort.

Les résultats de l’étude sont multiples: la confiance exprimée au travers du comportement non verbal du leader a tendance à empêcher l’expression d’autrui, spécifiquement lorsqu’elle est affichée par la personne qui s’est vu attribuer le rôle d’individu « puissant » dans la dyade expérimentale.

Si la personne en position d’autorité affiche une posture de confiance dans un choix, tout mauvais soit-il comme c’est le cas dans l’expérience, l’étude démontre que 69% des gens auront tendance à le suivre. Si, au contraire, cette personne à l’autorité manifeste montre un comportement non verbal incertain et peu confiant, seulement 42% auront tendance à se soumettre à ses choix.

Mais que se passe-t-il lorsque l’autorité de la personne est mêlée à un comportement non verbal que l’on caractérise comme « ouvert » ? Il semble qu’une attitude d’ouverture vers l’autre, uniquement par la posture et les gestes, tend à annihiler le premier effet d’écrasement d’autrui. Mais ce côté ouvert a également eu un autre effet : celui de soumettre davantage les décisions des participants à celles de la personne d’autorité, même si ces dernières semblent illogiques.

Du coup, on peut considérer que dans le cadre des relations interpersonnelles ou des relations de groupe, lorsqu’une personne est en position de confiance, justifiée ou injustifiée, les autres personnes présentes auront tendance à se rallier à celle-ci. Cette influence exercée par la confiance affichée s’accroît par ailleurs lorsque cette personne présente des signes non-verbaux d’ouverture envers autrui. Bien que le résultat du leader soit atteint, la communication, par contre, en souffre. Le leadership a certes des avantages sociaux et psychologiques, mais, utilisé sans réflexion ou écoute sincère d’autrui, il tend à avoir des effets négatifs sur les interactions de groupe.

Référence : Locke, C. C., & Anderson, C. (2015). The downside of looking like a leader: Power, nonverbal confidence, and participative decision-making. Journal of Experimental Social Psychology, 58, 42–47.

De Frédéric Tomas

Suivant une maîtrise en linguistique, Frédéric se consacre au domaine pragmatique, qui se penche sur l'étude du discours dans le contexte. Au-delà de ces études universitaires, Frédéric est également certifié détecteur en Micro-Expressions Faciales (METT) et Expressions Faciales Subtiles (SETT).

2 Commentaires

  1. Bonjour,
    J’ai dû lire à plusieurs reprises votre article fort intéressant, pour me rendre compte que je n’en comprenais pas la conclusion « Bien que le résultat du leader soit atteint, la communication, par contre, en souffre……………………  » cette dernière me semblant contraire à ce venait d’être démontré, à savoir, si j’ai bien compris (ce qui ne semble pas être le cas), que le leader proposant une attitude ouverte, atteint complètement son objectif, son ouverture vers les autres augmentant l’adhésion de ces derniers à ses projets ou décisions.
    Pouvez-vous SVP m’apporter les précisions nécessaires pour la compréhension définitive
    J-M D

    • Bonjour J-M D,

      Merci de votre intérêt quant à mon article.

      Alors, pour répondre à votre question, en effet, le leader a atteint son objectif, qui était de rallier l’autre à sa cause, toute mauvaise soit-elle. Et, dans la dernière expérience, comme vous le soulignez, il a en effet eu une gestuelle plus ouverte. Cela ne veut pas dire pour autant que la communication a été meilleure. La communication est un acte, un processus qui implique que les deux personnes puissent s’envoyer des pensées d’égal à égal. Ici, le leader a continué à être oppressant, à rejeter les idées de la personne, mais le faisait avec un comportement non-verbal plus ouvert.

      Il y a donc un côté pernicieux à cette ouverture : le sujet ne se sentait pas pour autant écrasé, mais n’arrivait pas à communiquer davantage. Le côté écrasé explique pourquoi le taux de ralliement augmente, même s’ils n’arrivent pas à mieux communiquer pour autant.

      Ai-je répondu à votre question?

      Je reste à votre disposition,

      Frédéric TOMAS

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