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Position de chaise et posture assise

position assise chaiseAppréhender les pensées de votre interlocuteur grâce à la manière dont il est assis, est-ce possible ? La réponse est ambivalente, comme souvent lorsque l’on s’intéresse à la compréhension du comportement non verbal. Non, la position assise ne permet pas « d’appréhender les pensées » de quelqu‘un, cependant elle peut nous éclairer sur le degré d’appréciation qu’une personne éprouve envers son interlocuteur. C’est ce que le scientifique Albert Mehrabian a mis en évidence en 1968 lors de l’une de ses recherches.

La position du corps a été initialement étudiée par l’éthologie et très rapidement des chercheurs comme James ou Hall, se sont aperçus que le corps adoptait des postures différentes en réponse à son environnement, au contexte et à la qualité de l’interaction.

Albert Mehrabian c’est montré original en testant la position assise pour comprendre si ces postures adoptées en interaction avec une autre personne, étaient différentes en fonction du degré de sympathie éprouvée envers cette personne.

Position assise et sympathie

Les résultats obtenus par Mehrabian montrèrent que la distance interpersonnelle (proxémie), la position, la posture et la détente du corps, variaient selon que l’on appréciait ou non notre interlocuteur. Les résultats de son étude ont tout d’abord eu le mérite d’appuyer par l’épreuve scientifique, l’idée commune selon laquelle on se rapproche physiquement des personnes que l’on apprécie, et on s’éloigne des personnes que l’on apprécie moins. Aussi, l’étude de Mehrabian apporta des éléments supplémentaires sur la position du corps. En voici quelques résultats intéressants :

Premièrement, plus nous apprécions une personne, plus nous avons tendance à nous en rapprocher, et inversement en nous en éloignant lorsque nous éprouvons de l’aversion pour celle-ci.

Deuxièmement, le degré de relâchement du corps est clairement corrélé avec l’attitude (positive ou négative) que nous avons envers notre interlocuteur.

Plus précisément : chez les hommes comme chez les femmes, le degré de retrait en arrière du torse est moins important quand ils communiquent avec des personnes qu’ils apprécient.

Par contre, le relâchement latéral du corps, quant à lui, semble ne pas fonctionner de la même manière chez les hommes et chez les femmes. En effet, lorsqu’un homme communique avec un interlocuteur masculin, son fort degré d’aversion pour cette personne s’exprime par un manque de décontraction ; et lorsqu’il a à faire à une femme qu’il n’apprécie pas du tout, il fait au contraire preuve des plus hauts degrés de relâchement corporel latéral.

Enfin, quand les femmes n’apprécient pas leur interlocuteur (qu’il soit masculin ou féminin), leur position assise le traduit indifféremment par un relâchement sur le coté.

Nous savons aujourd’hui, grâce à bon nombre d’autres études, que les postures corporelles sont de précieux indicateurs pour comprendre l’attitude d’une personne en situation de communication – dominance, partage, refus, soumission – cependant leur compréhension ne peut être pertinemment effectuée qu’au travers de la prise en compte de variables liées à la situation, aux caractéristiques de l’interlocuteur, ainsi que d’autres éléments observables du comportement non verbal. L’étude de Mehrabian a d’ailleurs permis de mettre en évidence que la fréquence des contacts visuels aussi, sont fonction du fait que nous apprécions ou non notre interlocuteur. En effet, plus nous avons une attitude positive à l’égard d’une personne, plus les contacts visuels sont nombreux et inversement : plus cette personne nous est antipathique, et moins nous la regardons dans les yeux. Notons aussi que la fréquence des contacts visuels sera influencée par le fait que vous connaissiez bien ou non votre interlocuteur, vous amenant à regarder moins souvent dans les yeux une personne que vous connaissez peu, qu’une personne que vous connaissez mieux.

Référence : Mehrabian. A., (1968), Relationship of attitude to seated posture orientation and distance, Journal of Personality and Social Psychology, (10/1), p.  26-30

À propos Gladys Raffin

Rédacteur

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